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Entretien avec Maxence Layet, fondateur et directeur de la revue "Orbs, l'autre Planète"

C'est un grand plaisir pour Automates Intelligents de vous présenter dans nos colonnes Maxence Layet et la revue Orbs, l’autre Planète qu'il réalise. Un livre-objet hors du commun consacré aux visionnaires et aux pionniers tous azimuts. Une revue conçue dans un esprit encyclopédique, cosmopolitique, esthétique et transdisciplinaire (arts, sciences, humanités, consciences).
 

Ethnologue de vocation et journaliste par passion, Maxence Layet est notamment l'auteur de livres et de documentaires sur les nouvelles technologies de l'énergie, la santé environnementale, l'écologie de l'information et le cosmos électromagnétique. Citons, par exemple, ses ouvrages L'énergie secrète de l'univers (Tredaniel Editions, 2006); Quinton, le sérum de la vie (Courrier du Livre, 2008); Electroculture et Energies libres (Courrier du Livre, 2010); ou films Les sacrifiés des ondes (BigBangBoum Films, 2012);  Sous le feu des ondes (produit et diffusé par Arte en 2009).

Pionnier d'une information socialement responsable, Maxence Layet est également le directeur fondateur de Orbs, une revue visionnaire, cosmoderne et transdisciplinaire, dans l'esprit de la revue Planète (revue mythique des années 60, fondée par Louis Pauwels et Jacques Bergier). D'une extrême qualité, Orbs, l'autre Planète est une création indépendante, sans publicité, imprimée en France, qui mêle recherches d’avant-garde, arts sublimes, traditions modernes, littératures d’ailleurs, conscience augmentée..., en donnant la parole à des prix Nobel, des universitaires, des économistes, des écrivains, des artistes, des psychologues, des physiciens, des pionniers.
 

Entretien

Maxence Layet, d’où vient Orbs ? Comment est née cette idée ?
Maxence Layet : La revue Orbs est née d'une intime conviction, celle que quelque chose manquait à l’époque, en 2011, à notre paysage éditorial français. Une revue transverse, donnant à voir et à offrir un tour d’horizon des nouveaux paradigmes de notre temps : des trouvailles archéologiques, neurologiques ou encore des sciences de Revue "Orbs, l'autre planète"pointes, astrophysiques, intelligence artificielle mais également des sciences de l’homme, qu’elle soit anthropologique, démographique, économique, philosophique ou géopolitique. Une revue combinant grands reportages, cahier d’images, mais aussi articles de fond, durable, donnant des repères et permettant de comprendre les tenants et les aboutissants des multiples transitions de notre époque. Une revue pour donner du sens mais sans pensée unique, capable tout autant d’aborder la parapsychologie et les pouvoirs de l’esprit comme les nouvelles pratiques de management en entreprise.

Numéro 1 de la Revue "Planête", octobre-novembre 1961Cela a surgi alors comme une évidence : cette vision rejoignait celle de la revue Planète, une revue mythique des années 60, fondée par Louis Pauwels et Jacques Bergier, les deux auteurs du Matin des Magiciens. Ce livre culte, paru en 1959, combinait des chapitres sur l’alchimie avec de la science fiction ou des pages sur l’occultisme nazi. Ce mélange des genres sulfureux, à l’origine d’un courant de pensée dénommée "réalisme fantastique", avait donné naissance en 1961 à cette revue, la petite sœur du livre en quelque sorte.

J’ai rencontré Planète, au milieu des années 2000, chez un brocanteur, en Bretagne. J’avais été frappé par son éclectisme et son ouverture d’esprit, en mesure dans un même sommaire de faire se succéder un reportage sur la construction des accélérateurs de particules du CERN, une enquête sur les nouveaux gourous indiens, un cahier photo poétique et une nouvelle de science fiction de Howard P. Lovecraft ou Arthur C. Clarke, considérés de nos jours comme des classiques du genre. L’objet Planète d’ailleurs n’a pas vieilli et sa modernité intemporelle continue de ravir les collectionneurs.

Feuilletant Planète dans tous les sens, j’avais alors été encore plus stupéfait de découvrir qu’une telle démarche avait pris forme dans les années 60 et restait sans équivalent de nos jours. La profusion des magazines thématiques, en se multipliant, a fabriqué comme des silos. On lit de la science, ou de l’art, ou de la littérature, ou encore des littératures de l’imaginaire, ou enfin de l’archéologie… Ce qui suppose de lire en ligne ou d’acheter plusieurs magazines en parallèle pour disposer de ce tour d’horizon.

Journaliste scientifique moi-même, auteur de plusieurs ouvrages sur les nouvelles technologies et les forces invisibles, qu’il s’agisse de nanotechnologies, de cyberwar, d’armes ou de médecines électromagnétiques, engagé dans ce j’appelle la «responsabilité sociale de l’information» – pour décliner l’expression RSE issue des entreprises – et coutumier de ces passerelles interdisciplinaires, il m’est alors apparu comme une évidence de proposer un Planète d’aujourd’hui. Et de reprendre avec cette autre Planète le flambeau d’une démarche intégrative, reliant les mondes et donnant des coups de projecteurs tous azimuts… Mais surtout vers des chemins encore peu balisés, émergents ou oubliés, connus de quelques initiés, experts ou cercles confidentiels. Bref, de rassembler des savoirs dispersés mais qui pourtant cohabitent tous ici et maintenant, présents chacun de leur côté. De faire œuvre de connaissance et de mémoire à destination du plus grand nombre et, selon cet esprit encyclopédique, transdisciplinaire et documentaire, de redonner ainsi toute sa valeur à l’information comme bien commun.

Numéro 1 de la Revue "Orbs, l'autre planèteC’est ainsi qu'Orbs est né. Nous étions en décembre 2011.
Le temps de formaliser le projet, créer la maison d’édition et de poser l’identité de cette revue, le premier numéro est paru en février 2013.





Un des articles du numéro 1 de la Revue "Orbs, l'autre planète"
L'un des articles paru dans le premier numéro de Orbs
 
Quelle équipe gravite autour de Orbs ?
M.L. : Orbs se situe au cœur de plusieurs orbites. Outre l’équipe de production proprement dite, c’est à dire 5 ou 6 personnes pour la maquette, les corrections, l’iconographie, la fabrication, la revue compte une dizaine d’auteurs réguliers, présents depuis le début ou presque, contribuant ou suggérant des pistes de sujets pour chaque numéro. Je pense en particulier à la réalisatrice Michele Decoust, aux journalistes Cyril Fievet et Erik Pigani, aux chercheurs Patrice Hernu et Jean-Paul Biberian, ou encore le romancier Jean-Pierre Goux, l'auteur du Siècle Bleu et du projet Blue Turn, également  très impliqué au coté de Mathieu Baudin dans l'Institut des Futurs Souhaitables. A cela s’ajoute un cercle bien plus large d’auteurs, d’illustrateurs ou de photographes ayant participé au moins une fois à la revue. Cette mixité éditoriale reflète la profonde diversité du monde.

Equipe composant la revue Orbs, l'autre Planète
 
Et puis il y a la communauté des lecteurs, très présente et fidèle à l’esprit «cosmopolitique» et «cosmoderne» de la revue, pour reprendre les expressions de la philosophe des sciences Isabelle Stengers et du physicien théoricien du CNRS Basarab Nicolescu.

Nous sommes tous indépendants, la revue ne compte aucun salarié, ce qui fabrique par essence un fonctionnement de type projet. La communauté Orbs est d’autant plus diffuse que chacun est en relation avec son Orbs, dans son coin, à son rythme et selon ses propres habitudes de lecture. Toutes ces sphères participent à la dynamique de la revue, en suggérant des sujets, des pistes, des coups de pouce ou en nous laissant des commentaires.

Un dernier cercle, très important, est celui des associés et soutiens financiers de la revue. Sans eux, sans leur confiance, la revue n’aurait pas pu naître ni continuer d’exister.
 
Comment se monte un tel projet ?
M.L. : Je crois qu’il faut d’abord y croire ! On peut être très créatif, avoir de nombreuses idées, mais qu’est-ce qui fait que l’une d’elles va se concrétiser ? C’est le fait de passer du temps, de l’énergie pour se donner les moyens de le réaliser. Dans le cas d’une revue comme Orbs, au-delà de l’intuition initiale ou de la formule éditoriale, cela suppose de la méthode, de lister les facteurs clés de succès du projet, ses points de vigilance. Le réseau humain est aussi déterminant non seulement dans la phase de lancement, car créer une nouvelle revue suppose des compétences variées, mais aussi par la suite, au fil de la construction des numéros.

Faire vivre une telle revue, suppose-t-il aussi une certaine dose d'inconscience ?
M.L. : Oui... sûrement. Orbs est clairement là parce nous ne savions pas que c’était impossible de le faire. Une fois la revue lancée, nous avons découvert ainsi que dans les années 90 et 2000, Planète a failli plusieurs fois être relancée, par plusieurs équipes, portées par des grands noms… aucun projet n’a été mené au bout...

... Pourquoi-vous alors ?
M.L. : J’ai tendance à penser qu’il faut provoquer sa chance, que se mettre en mouvement permet de susciter des ouvertures, de créer des opportunités, des changements dans le changement. Il n’y a pas de magie, mais il existe des secrets ; la croyance dans les probabilités, la création de potentiels en fait partie.

Finalement, la dimension qui a été sous-estimée est bien celle de l’argent. Lancer une revue comme Orbs nécessite en réalité un budget d’environ 300000 euros, ce qui permet de recruter une équipe et de pouvoir investir dans plusieurs numéros tout en assurant la promotion. Nous avons créé la revue avec moins de 20000 euros, en autofinancement ou presque. Ce manque de fonds propres, un problème structurel très courant au sein des entreprises en France, bride la revue depuis ses débuts.

L’inconvénient de "l’esprit start-up "de Orbs, c’est paradoxalement son format papier. Le papier, en France, a mauvaise presse. L’édition n’a pas le vent en poupe. Comme il s’est avéré impossible de lever des fonds de façon classique, nous avons dû en permanence imaginer des solutions.
Réaliser un média papier, s’inscrivant dans du temps long et abordant des thématiques marginales ou visionnaires, sur un mode encyclopédique… : autant dire que l’on cumule des composantes qui vont à contre-courant du numérique et de l’info temps-réel. On peut aussi envisager, justement, que, plongé dans une société de la distraction, immergé dans un écosystème d’écrans de toutes tailles, interpellé par des myriades de signaux et de messages de plus en plus brefs, le corps, notre système perceptif, se trouve carencé et a besoin organique d’une autre information – se balader dans la nature, stimuler et nourrir d’autres sens que le visuel – pour restaurer un équilibre.

A titre personnel, conscient de ces enjeux et soucieux de restaurer la valeur de l’information, devenue jetable et surabondante, ces principes s’imposaient d’eux-mêmes, comme le fait d’imprimer en France. Encore une fois, ce choix particulier représente un surcoût d’environ 30 % mais c’est une décision politique, pas celle de gestionnaire économique. Comment peut-on faire d‘un côté l’apologie des bénéfices des circuits courts et de l’autre, dès que l’on a les mains sur le volant, se comporter autrement ? Soyons cohérent.
Cultiver les compétences locales et participer au dynamisme économique du territoire national s’intègrent dans la façon de concevoir la chaîne de fabrication globale de l’information. Prendre en compte toutes les formes d’impact, à 360°, voire à 720° si l’on veut s’amuser à raisonner selon des espaces non euclidiens, permet d’augmenter le degré de cohérence d’un média pour, si cela fait partie des objectifs, en maximiser ses vertus.



La revue Orbs, l’objet en lui-même est à mon avis magnifique, servi par une incroyable iconographie. Comment faites-vous ?
C’est un choix esthétique, un parti pris délibéré. C’était également une composante caractéristique de la revue Planète. Les études de neurosciences nous rappellent s’il est nécessaire de nous en convaincre, combien le beau et l’harmonie sont intuitivement perçus par le corps. Comment alors rendre visible, rendre sensible, cette ambition ? Comment garantir cette expérience esthétique et pousser l’intégration du fond et de la forme pour donner cette plénitude à la revue, et garantir l’expérience esthétique promise et recherchée ?

Revues OrbsEn terme de dimension, nous avons privilégié un format quasi carré, reprenant presque à l’identique le format de la revue Planète d’antan. Au-delà de la continuité et de l’héritage, les tests faits avec des groupes de lecteurs, en leur montrant différents formats de revue, nous ont montré comment ce format compact et aux dimensions des étagères d’une bibliothèque était spontanément apprécié. Facile à tenir en main et à ranger dans son sac par exemple.
L’identité visuelle de la revue, son logo, s’appuient eux sur le travail du designer graphique et typographe Naji El Mir, auquel nous avons fait appel à la création de Orbs. Dans un second temps, nous avons bénéficié aussi de l’expérience en conception graphique de deux professionnels de la presse qui ont permis d’asseoir des principes de navigation dans le contenu.

Enfin, bien sûr, il y a l’iconographie, les images.
Nous vivons sous un torrent d’images. Mais ce déferlement nous anesthésie. Nous avons de plus l’impression fréquente de voire toujours les mêmes images. En gros, le volume augmente mais le signal est noyé dans le bruit, dans l’accumulation. Nous sommes confrontés là à un problème classique de rapport "signal bruit".
Pour augmenter le niveau de signal, plutôt qu’augmenter le volume ou la répétition, nous veillons dans Orbs à utiliser des images que l’on ne trouve pas sur le net. Ce n’est pas toujours le cas, mais il y a tellement d’images disponibles que le plus grand nombre d’entre elles reste ignoré, oublié ou négligé. Outre les ayants droits, les artistes et leurs galeries d’art, nous travaillons avec des fonds d’archives, des agences d’images qui sont les gardiens de trésors visuels et documentaires qui attendent que l‘on viennent les chercher. Tout n’est pas intégralement numérisé. Tout est là, à notre portée mais il s’agit de formuler la bonne requête. Le savez-vous : le réel est infiniment plus riche que le net... ce qui est cohérent avec les valeurs fondamentales de la revue, qui invite à sortir les yeux de l’écran.

L'un des article du n°2 de la Revue Orbs
L'un des articles du numéro 2 de Orbs

Sur un autre plan, ce parti pris esthétique ouvre un espace au-delà des mots. Nous avons tous fait l’expérience d’une œuvre d’art qui a nous touché au point de nous faire nous arrêter et nous taire pour la contempler ou l’écouter pleinement. Cela montre bien qu’il existe des informations qui ne sont pas d’ordre mental et qui passent par le sensible. C’est le propre de l’art, et c’est pourquoi la poésie, la sculpture, la danse, la cuisine… toutes les formes d’art sont nécessaires pour pratiquer un autre rapport au monde, moins mental et plus corporel. C’est pourquoi, l’art, la beauté, ce mode d’information sensible sont aussi constitutifs de la formule posée par la revue.

Publier une telle revue vous a t'il ouvert des portes ? Comment êtes-vous perçu ?
C’est une vaste question. Plusieurs portes se sont ouvertes bien sûr.
La première est celle de la mémoire. Ceux qui connaissaient Planète, et qui ignoraient tout de la démarche ou des racines de Orbs, ont immédiatement perçu la filiation ou du moins le cousinage de la revue.
Même chose du côté de celles et ceux qui naviguent dans les univers du réalisme fantastique. Qu’ils soient plutôt artistiques ou scientifiques, la revue leur parle, ils s’y reconnaissent. Et surtout, ils en sont nourris, cela leur fait du bien. Nous avons très souvent reçu des commentaires élogieux du type "c’est exactement la revue que je cherchais". Tant mieux ! Cette porte de la reconnaissance crée de la confiance et de la sympathie, qui nous donne accès à d’autres connaissances, à d’autres savoirs, d’autres traditions et d’autres réseaux. Des inventeurs, des chamanes, des universitaires, des sociétés spirituelles ont pris contact.
Chacun de nous est source d’un vécu, d’une expérience précieuse, à partager, à transmettre. Cette connaissance unique et singulière nous sort de la pensée unique et de l’uniformisation des esprits.



Ce croisement s’est également incarné sous la forme de deux congrès montés sur Orléans en 2014 et 2015, et de nombreuses conférences, débats et projections de films auxquels nous avons participé ou que Orbs a organisés. Ces rencontres à dimension humaine permettent les échanges directs et le brassage des réseaux.

Ajoutons que la très forte dimension esthétique de la revue, reconnue par les professionnels, séduit les créatifs, les artistes. Elle devient ou participe à leur processus d’inspiration. Ces dernières années, nous avons aussi pris conscience que  de nombreux étudiants en écoles d’ingénieurs, en école d’art ou de design, lisaient Orbs pour se détendre bien sûr, mais également pour préparer des exposés, ouvrir de nouveaux chemins. Après les anciens, les nouveaux d’aujourd’hui, remplis d’information électronique, sont aussi à la recherche de profondeur.
La revue parle ainsi à tous ceux qui sont en recherche, en recherche d’une information facilitant l‘accès à la source, quel que soit leur âge.


L'un des articles du numéro 2 de Orbs

J'ai appris qu'Orbs s'inscrivait aussi au sein d'un projet plus large qui vous tient à coeur, "L'institut des futurs souhaitables", témoignant d’une certaine vision de la société... Pouvez-vous nous en dire plus ?
Tout d’abord, dans la continuité de l’ancien Planète qui était aussi habité par cette vision, je dirais que nous avons tous les éléments disponibles pour une renaissance. Par-delà les crises et les troubles qui agitent le monde, qui peuvent d’ailleurs être interprétés à une autre échelle comme des crises d’évolution, nous disposons de toutes les technologies et de tous les outils pour façonner un monde en conscience.
La question devient alors de savoir de quel monde voulons-nous ? On rentre alors dans le domaine de la prospective, des scénarios, des futurs souhaitables. Quel est notre désir d’avenir ? A quelle social-fiction souhaite-t-on souscrire ?

Orbs s’inscrit dans ce mouvement de dévoilement du monde, mais aussi, en creux, de prise de conscience de notre capacité d’influer sur le mouvement. Nous n’avons aucune prise ou presque sur la survenue de grands cataclysmes cosmiques ou des inerties à l’échelle géologique ou climatique… Quoique, pourraient objecter certains penseurs spiritualistes radicaux ou courants de mobilisation sur la guerre climatique. Bien sûr, pourrait-on répondre, mais ces arguments montrent d’abord l’essor des prises de conscience individuelle et le besoin vital, quasi-viscéral mais aussi collectif, de se raconter une histoire qui donne du sens.

La collapsologie par exemple, l’une des «indisciplines» dont Orbs est très proche, insiste à nous donner du sens par rapport à des horizons qui se rapprochent. Les découvertes des Prix Nobel, dont Orbs se fait régulièrement l’écho, nous invitent à revoir nos pensées, nos croyances à des échelles qui sont celles de l’infiniment petit, de l’infiniment grand, de l‘infiniment bref ou encore de l’infiniment lointain. Des actions et projets développés par le passé ou à travers la planète sont sources d’enseignements sur les erreurs à éviter ou les bonnes pratiques à essaimer. Le monde, notre monde, regorge de pionniers, de visionnaires et de connaissances utiles pour notre époque et celle des générations futures.



Refaire lien, reprendre conscience plutôt que succomber à des forces dissociatives, que l’on appelle celles-ci séparation, scission, rejet, mais aussi compétition, réductionnisme ou ultra spécialisation, devient un impératif de bonne gouvernance. L’émerveillement, l’acte créatif devient ainsi un levier de résistance, d’une résilience appliquée pourrait-on dire, face aux pouvoirs d’aliénation, de coupure de soi et des autres, qui cherchent à renforcer leur emprise.
Tout est là encore une fois, autour de nous. Saisissons-nous de ces possibilités. Ne restons pas sur des mirages ou des schémas erronés, qui ne sont que des reflets ou des échos d’un passé certes confortable mais révolu. C’est à cette forme de progrès, un progrès fondé sur la prise de conscience, la mise en oeuvre et le vécu d’un monde multidimensionnel, intégrant toutes les conséquences de nos actes, que Orbs souscrit en tant que média. C’est à dire en termes de prisme et de balise, donnant à la fois des repères et des perspectives, une encyclopédie du XXIe siècle à l’usage des honnêtes gens.
A propos de l'Institut des Futurs souhaitables :
Instituts des futurs souhaitablesVéritable école de la réinvention, l’Institut des Futurs souhaitables s'entoure d'une communauté de réinventeurs composée de quelque 150 experts, acteurs du changement et artistes. En offrant un terreau fertile de réflexions, d'expérimentations et de création, l'Institut s’adresse à tous ceux (particuliers, organisations, collectivités...) voulant réinventer leur vie dans un monde plus souhaitable, donnant à ces volontaires bienveillants et bienvaillants des clés de lecture du présent, ainsi que des armes créatives pour participer à la construction de ce nouveau monde qui s’annonce.
Ceci s'organise autour :
- de conférences pour s’inspirer et ouvrir ses horizons,
- de l'apport d'outils pour mieux comprendre son temps et se mettre en mouvement,
- d'ateliers pour expérimenter l’intelligence collective et préparer l’Après.

Comment se décident le thème ou le choix des sujets qui figurent dans votre revue Orbs ?
Cela se déroule à la bonne franquette (rires) ! Au niveau du contenu, les sujets proviennent d’au moins trois chemins : il y a ceux que nous voulons faire et que nous avons prévus, il y a ensuite ceux que l’on nous propose ou sur lesquels quelqu’un a attiré notre attention, et enfin… il y a ceux qui déboulent au milieu, sans prévenir ! Ce dernier cas est toujours un défi à gérer, car il implique de faire de la place, maquetter des pages à la dernière minute et de remettre des sujets à plus tard. Mais cette souplesse concourt à en faire dune revue ouverte et vivante, hors de toute actualité mais relié au souffle du monde. Le sommaire final de Orbs se situe au point d’équilibre de ces propositions. Nous veillons aussi simultanément à l’équilibre des sujets : l’équilibre visuel bien sur, mais aussi l’équilibre arts et sciences. Cette superposition de contraintes crée une certaine intensité, une tension qui s’installe peu à peu au cours des deux mois environ de fabrication d’un numéro. L’assemblage est périlleux, mais le résultat final est généralement salué par les habitués et ceux qui découvrent la revue.

Chaque numéro se présente comme un bouquet de contenus. Chaque numéro est indépendant mais constitue aussi un chapitre de la grande histoire. Nous avons le choix des sujets prévus, ou en frigo. Notre réalité, humaine, non humaine et incluant toutes les cultures du monde, ne manque pas de matière. L’enjeu à chaque fois est de composer avec ce qui nous semble déterminant, utile et de bon aloi. Avec ce qui est aussi étonnant, méconnu, mais urgent à contribuer à faire connaître.
En fonction des circonstances, comme pour toute équipe projet dont les membres évoluent à chaque fois, les arbitrages se font durant des réunions d’équipe, par mail ou lors d’échanges téléphoniques. C’est à la fois très libre en phase de conception mais aussi très tenu en cours de fabrication, du fait des contraintes que l’on s’est fixé. C’est ensuite, en le regardant de plus près, que des convergences cachées se révèlent à notre insu.

Des hors-séries thématiques..

Contrairement à la série normale, qui n’a pas vraiment de thématique centrale, mais plutôt une couleur dominante du fait de la présence d’un dossier ou d’une série d’articles touchant à un même thème, comme l’art et la télépathie dans Orbs#5 ou encore les nouvelles formes de l’économie altruiste et écologique dans Orbs#1, nous avons commencé à réaliser des hors-séries thématiques, appelés Orbs Special.

Le premier Orbs Special que nous avons réalisé est sur le thème de l’eau. Paru en 2018, il aborde autant le rôle de l’eau dans le corps, les bénéfices connus des constructeurs des moteurs à injection d’eau, que les dernières nouvelles sur la localisation de l’Atlantide ou encore la question des droits de l’eau, des rivières, des glaciers, des océans à devenir des personnes morales… Là encore, le choix s’est imposé à nous.
Nous avions évidemment en tête, et depuis longtemps, plusieurs idées de numéros thématiques. Mais à un moment, le thème de l’eau s’est imposé. Je ne l’avais jamais réalisé mais c’est en fait un sujet que j’ai bien travaillé en tant que journaliste : qu’il s’agisse de ma rencontre avec Benveniste en 1999, du temps des balbutiements de ce que ce grand chercheur encore controversé appelait la biologie numérique ; de la parution en 2008 de mon enquête sur le sérum de Quinton, un extrait d’eau de mer dilué et filtré à froid, mis au point par un français et doté de très nombreuses vertus thérapeutiques ; de ma participation régulière aux Journées de l’eau organisées chaque année à Toulouse, ou encore de mes articles sur la gestion durable de l’eau, de l’irrigation des déserts à la pollution des eaux par les résidus pharmaceutiques et les perturbateurs endocriniens… Je disposais donc d’une bonne vue d’ensemble et d’un réseau de contributeurs clés en mains. L’eau, omniprésente, représentait aussi un parfait élément de départ pour ce premier numéro thématique. Nous avons mis un peu de temps à le faire paraître, mais la diversité des angles et la beauté des images collectées ont coulé de source et suscité l’enthousiasme de l’équipe.

Un numéro, portant sur le "Féminin" pour mars 2019

Orbs : spécial fémininLe prochain numéro thématique que nous avons préparé porte sur le Féminin. La déesse, la femme, la nature constituent les trois piliers, avec le respect du vivant, de ce numéro spécial.
Sa parution est prévue le 8 mars 2019, à l’occasion de la journée de la femme.
Pour l'autofinancer, nous avons organisé un financement participatif(1) qui s'est clos le 19 février dernier, atteignant plus que nos espérances en recueillant 203% de la somme initialement prévue, soit 610 préventes, avec un objectif de départ qui était de 300...


Ci-dessous, quelques illustrations de ce numéro :







 
Propos recueillis par Christophe Jacquemin

  • (1) Voir ce financement sur le site ulule.com
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