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Prévisionnite Intelligence artificielle/Emplois : un jeu de dupes ?

Il n'est pas une nouvelle journée sans voir la publication d'un article rassurant dans les journaux, venant nous expliquer - via force chiffres et rapports - que même si l'irruption croissante et tous azimuts de l'intelligence artificielle et de l'automatisation dans notre société va tout bousculer sur son passage, ceci permettra finalement de créer plus d'emplois que n'en détruire... Sauf que nombre d'autres rapports prédisent le contraire. Alors, qui peut savoir ? Futur grandiose, ou simplement méthode Coué ?

La révolution automatisation, nouvelles technologies et Intelligence artificielle semble riche de promesses mais aussi de dangers(1), notamment celui d'une déshumanisation du monde du travail(2). Certains prévisionnistes comme ceux du Forum économique mondial(3) ont affirmé très récemment que d'ici les années 2025, 52% des professions actuelles exercées par l'humain (et notamment par les classes moyennes), pourraient être aisément remplacées par la machine. Ceci concernerait 75 millions d’emplois d’ici à 2025. Mais, dans le même temps, les experts suggèrent que la progression fulgurante de l'utilisation de l'IA et de l'automatisation pourrait aussi générer quelque 133 millions de nouveaux emplois d’ici là.

De nombreux rapports ont déjà énuméré les professions menacées. Elles concernent de vastes secteurs, allant par exemple des métiers de caissières, de réceptionnistes, en passant par les représentants de commerce, les installateurs de machines industrielles, les conducteurs de trains. La liste est longue et il y a en a pour tous le monde : inspecteurs des impôts, analystes financiers, comptables et auditeurs, agents d'assurances, techniciens de l'industrie automobile, juristes, journalistes...

Parmi les professions futures, selon les rapports glanés ici et là, on peut citer "data scientist", "data analyst", "data miner", "data engineer" bien sûr, mais aussi "data steward" (référent en interne de la qualification de la donnée), "chief ethics officer"(garant de l’éthique des algorithmes(4)), "data architect", "data designer". Mais encore "data protection officer", "psydesigner" (chargé de donner à nos assistants personnels des valeurs et des traits de personnalités compatibles avec les nôtres), "man-machine teaming manager" (gère la collaboration entre humains et robots en définissant les règles de cette relation et les rôles respectifs)... Une véritable liste à la Prévert, parmi laquelle aussi "éleveur de robots", "coach de chatbots".
Avec un peu d'imagination, on pourrait compléter à l'infini.

Au fil des rapports(5), on constate autant de chiffres différents que d'experts. La révolution apportée par les nouvelles technologies, l'automatisation et l'IA créatrice massive d'emplois, nous aimerions bien y croire. Mais comment s'y repérer lorsque certains auteurs comme Forrester(6) - et qui ne sont pas les seuls -  donnent à chaque fois des chiffres de destruction d'emplois supérieurs à ceux des emplois créés ? Est-il d'ailleurs si aisé de prévoir ce type de changement économique de manière fiable ?

Quelle formation pour les nouvelles compétences ? Qui peut vraiment savoir quels seront les nouveaux métiers ? Quels enseignements sont à mettre en place dans les écoles, universités et instituts ?
 
D'immenses enjeux sont à relever pour assurer au mieux cette transition, qui nécessiterait véritablement un programme pluriannuel quasi mondial convenablement financé dès à présent. Mais qui, sauf au sein de beaux et séduisants discours, a déjà pris à bras-le-corps ces questions cruciales ?

Halte à la prévisionnite. Place plutôt à la véritable action.
2025 n'est pas loin... Même pas sept ans.
 
Automates Intelligents





 

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